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Deux,
trois personnes s’activent dans des locaux assez exigus, lorsque je débarque
à la rencontre de la maîtresse des lieux. Florence Auffret me reçoit
dans son antre où le bureau est jonché de papiers, dossiers et autres
documents ayant probablement trait à son actualité. Cette jeune
productrice vient de triompher lors de la remise des LUTINS
des courts-métrages. En effet, le film qu’elle a présenté “A
DECOUVERT “ réalisé par Camille Brottes y a trusté
les principaux trophées (Meilleur Film, meilleur réalisateur, meilleur
producteur etc) C’est donc une jeune femme, rassérénée par le succès
qui me fait face.
Son
regard franc, son air volontaire me laissent à penser que c’est sur
ses épaules que repose la “baraque“. C’est elle qui décide, elle
est le “boss“.
Au fait comment devient-on productrice ?
J’ai tout d’abord été journaliste pendant quatre ans à Rennes,
puis je me suis installée à Paris. J’ai débuté
dans le cinéma, comme directrice de production, aux côtés d’Antoine
Desrosières, puis de Laurent Bénégui. Tous deux, producteurs réalisateurs
passionnants, m’ont énormément apporté. Ensuite je me suis occupée
du développement et de la production de courts-métrages au sein de TS
Production… Après j’ai eu envie de prendre mon envol !
Et vous avez fait le grand saut ?
Exactement. J’avais le désir de m’impliquer davantage dans des
projets…J’ai eu envie d’être décisionnaire, c’est ainsi que
j’ai créé “ Les films de la grande ourse“ en août 98.
Sur quels critères choisissez-vous les films que vous produisez ?
LA QUALITÉ ! La qualité de l’écriture, le coup de cœur, on ne
s’implique pas dans un projet, pendant environ deux ans si l’on
n’y croit pas.
Comment travaillez-vous avec vos réalisateurs ?
Je suis assez interventionniste ! J’ai besoin de m’engager
personnellement… Je crée à travers le prisme, le regard d’un
artiste. Je l’aide à accoucher de son œuvre…Souvent après coup je
m’aperçois que ses films
racontaient des choses qui me sont très
personnelles.
Vous
n’avez produit pratiquement que des jeunes réalisatrices...
Pur
hasard…Leurs projets m’intéressaient.
Justement quel genre de cinéma aimez-vous ?
Le bon cinéma ! Tous les genres m’intéressent, à part les
grosses machineries américaines…Dernièrement, j’ai apprécié le
film de Nanni Moretti, “La Chambre du fils“.
Un
de ses assistants nous interromps, le temps d’un bref conciliabule,
Florence Auffret donne ses instructions, puis se retourne vers moi sans
perdre le fil de la conversation.
Combien de temps mettez-vous pour monter un film, pour trouvez le
financement ?
Le financement, ce n’est pas la partie du travail que je préfère…Ça
me prend entre six mois et deux ans. Il faut négocier avec les régions,
les télés…Par exemple “ A Découvert “ a été pré-vendu
à Canal.
Est-ce que le succès que vous avez remporté aux Lutins ne va-t-il pas
vous faciliter les choses ?
Oui, le premier film de José Alcala “ALEX“ qui a déjà reçu l’aide à la réécriture de la part du CNC… J’ai l’impression que c’est en bonne voie.
Évidemment, le succès ouvre les portes… Les gens de Canal écriture m’ont appelé. Et la Gaumont m’a contactée en vue d’un long métrage.
Le regard de la productrice se fait rêveur, elle semble se replonger dans cette soirée qui l’a vue triompher.
C’est
sur ses paroles pleines d’optimisme que je laisse Florence Auffret à
ses activités. Je m’éclipse en songeant que tant que le cinéma français
pourra compter sur des gens de talent et plein d’allant, comme cette
jeune femme, il n’aura pas de mal à garder sa place qui est l’une
des premières, si l’on en croit ce début d’année florissant.
Marc
Rosenbaum
Mai 2002
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