@xé libre > Rubrique MUSIQUES > Sommaire

  plan du site | forum | information | publicité | web design | annuaire | partenaires | on parle de nouscontact

 Rechercher sur @xé libre :

 

Imprimer     Agrandir

Français English

Face à toutes les productions à vocation purement commerciale, la musique reste un moyen de s'exprimer et de revendiquer. Et c'est dans ce sens que Dubioza Kolektiv entend l'utiliser. Originaire de Bosnie-Herzégovine, ce groupe, composé de 8 musiciens, réveille la jeunesse de son pays et en rappelle au monde l'existence. Sur des mélodies alliant différents styles du Rock au Reggae à l’ethno musique, ils composent en anglais des paroles revendicatives sur la situation sociale et politique.

 

Dubioza Kolektiv s’est formé en 2003 avec des musiciens venant de différents groupes:
Adisa Zvekic, Adis Zvekic, Almir Hasanbegovic et Emir Alic étaient membres de Gluho doba against Def Age originaire de Zenica (BiH) ; Brano Jakubovic et Vedran Mujagic avaient formé Ornamenti (Sarajevo). Par la suite, le guitariste Armin Busatlic (ex - SCH, Beastly Stroke) a rejoint le kolektif.
Dubioza enregistra son premier album auto-produit sur Gramofon Rec en avril 2004. Sept mois plus tard, le 2ème CD est signé : EP Open Wide. Et le 3ème album, Dubnamite, avec des guests tels que Defence (Tuzla, BiH) and Niköll (Nicolas Cante - France), sort sur Gramofon en juin 2006.
Dubioza était invité à la fête de L'Humanité le 15 septembre dernier, nous avons profité de cette occasion pour les interviewer...

 
Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Dubioza est un véritable groupe Bosnien : quatre d’entre nous sont originaire de Zenica, trois de Sarajevo et le dernier à avoir intégré le groupe, le batteur, est de Mostar) ; nous sommes majoritairement musulmans mais certains sont issus de mariages mixtes.
Dubioza est né plus d’un désir de se regrouper face à la situation politique en Bosnie-Herzégovine que d’un vrai projet musical.
Le groupe ne doit rien au hasard, il y avait une vrai intention d’engagement social et l’aspect musical du groupe venait en second plan. Le projet a commencé à Sarajevo, autour d’un café, alors que nous parlions de ce qui se passait dans la ville.
Nous jouons tous de la musique depuis plus de 10 ans, nous nous sommes rencontrés au milieu de l’année 2003 et avons mis en commun nos parcours. Nous avons tous des influences tellement différentes, cela va du hip hop au hardcore. Nous avons donc commencé à jouer ensemble et avons sorti notre premier album qui a été fait avec les moyens du bord, sans studio de production digne de ce nom. Depuis lors, nous avons fait plus de 80 concerts, la plupart à l’étranger dans de grands festivals. Cet été, nous avons presque joué chaque week-end, quelque chose comme 30 à 40 concerts en République Tchèque, en Slovaquie, en Autriche, en Bulgarie, en Allemagne, en Slovénie, en Hongrie (Sziget festival 2003 & 2004 sur la scène Afro Reggae),…

"La Fête de l’humanité" est votre première date en France, qu’est-ce que cela représente pour vous ? Votre meilleur souvenir de la fête de l’Huma ? Quelles sont vos impressions ?
Le premier concert quelque part est toujours important et le contexte dans lequel s’est déroulé celui-ci était aussi spécial. C’est bien de voir ce qui fait bouger les gens d’un pays, de voir comment les gens se rencontrent, travaillent ensemble pour organiser un tel évènement. C’est une belle façon de faire partager ses opinions, ses choix. Nous n’avons pas de tels évènements dans notre pays. Un mois avant une élection, ils mettent des posters partout dans le pays, ils dépensent tout le budget juste à promouvoir l’élection. Musicalement, c’est toujours très excitant de jouer quelque part pour la première fois, particulièrement lorsque c’est dans de grandes villes. Nous espérons que nous reviendrons l’année prochaine dans ce grand festival.

Dans quelle mesure est-il difficile pour un groupe bosniaque de se faire connaître ?
Personne ne nous connaît à l’étranger, nous devons nous débrouiller par nos propres moyens. La Bosnie est un petit pays, il n’y a pas vraiment de scène musicale, il n’y a pas beaucoup de groupes qui marchent. Et nous avons beaucoup d’autres difficultés. La plupart des médias influents ignorent l’existence de groupes engagés politiquement, ils ne sont intéressés que par des groupes de folk stupides qui n’ont rien à dire à la télévision parce que la classe dirigeante ne veut ni entendre ni parler des vrais problèmes. Il est donc très difficile d’accéder aux médias. Depuis un an et demi, nous sommes plus apparus à la télé pour des émissions politiques que musicales. C’est la seule façon d’accéder aux médias parce que l’industrie de la musique est inexistante. Il n’y a pas de place pour nous.
Jouer à l’étranger est un autre problème. En fait, être bosniaque est un problème. Nous avons besoin d’obtenir des visas, nous dépensons beaucoup d’argent dans les déplacements puisque nous n’avons pas de compagnies aériennes à bas prix ici. Il faut passer plus de deux semaines à obtenir les visas et la plupart des organisateurs ne veulent pas perdre leur temps à ça. Certaines ambassades nous soutiennent et nous accordent un visa gratuitement, comme c’est le cas avec l’Institut français, l’Ambassade autrichienne, mais certains comme les hollandais, les italiens sont très stricts et de toute façon il faut payer…Un visa n’est valable que de pays à pays. Et même en France, on obtient un visa d’environ 5 jours, ce qui revient à un aller-retour. Nous n’avons pas le temps d’établir de contacts.
En fait, c’est plus facile quand il s’agit d’invitation pour de grands festivals ou de grandes organisations culturelles. Si l’on veut juste faire une promo dans un club, là c’est un problème. Les festivals sont presque la seule solution pour pouvoir obtenir un visa…

Avez- vous un message particulier à adresser aux jeunes à travers vos concerts ?
Lorsque nous jouons dans un pays comme la Slovaquie par exemple, nous savons quoi leur dire, parce qu'ils ont presque vécu la même chose. La situation de séparation qui existait entre la Slovaquie et la République Tchèque était quasiment la même que celle en Yougoslavie. A la différence que cela ne s'est pas aussi mal passé qu'en Bosnie. C'est pourquoi nous leur disons qu'ils ont de la chance, ils n'ont pas eu à vivre la guerre.
Dans les autres pays, nous essayons de répandre la bonne parole en disant que la Bosnie n'est pas le nouveau lieu du terrorisme comme certains la présentent et qu' à cause d'une minorité qui est arrivée pendant la guerre, nous souffrons d'une mauvaise image. La religion n'a rien à voir avec le terrorisme, elle est utilisée comme couverture. J'ai plus peur de l'empire malsain des Etats-Unis que de tous ces terroristes, parce que ce sont eux les terroristes.

Lire la suite...

0 commentaire

Voir le diaporama...

Voir le site web de Dubioza Kolektiv

Voir le myspace de Dubioza Kolektiv

 Voir notre dossier sur la Bosnie-Herzégovine

 Réagissez à l'article !

 Sommaire de la rubrique

 

Inscription à la NewsLetter

Tissons nos liens...

 
FORUM

Tous les autres sujets...

 
 
NEWSLETTER

Votre mail :   

Vos intérêts :  Concerts & soirées  magazine   photos

Vos commentaires

    

   
 

Galeries Photos


Dubioza Kolektiv


Ogonek & Cooh


Renegade Hardware

 
Birdy Nam Nam

 

 

 

 
 
 

copyright© 1999 - 2006 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)

 Bureau : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS