@xé libre > Open Yür Mind >

 plan du site |  forum |  information |  publicité |  web design |  annuaire |  partenaires |  on parle de nous |  contact

 

Imprimer     Agrandir

  Pigna de Balagne

PORTRAITS

 

 

 

Mathieu

Love… et cetera

Les latinistes distingués nous pardonnerons ce babarisme, mais difficile de résister à la tentation d’un jeu de mots approximatif dès lors qu’il s’agit d’évoquer Mathieu Luzi, tombé un jour en amour d’une cetera comme d’autres tombent dans la marmite de potion magique.

Il est intarissable sur le sujet, explique avec une infinie patience aux deux journalistes béotiens les subtilités de cet instrument aux sonorités envoûtantes joignant s’il le faut un dessin aux explications.

Ce bastiais qui a grandi à Marseille à tout d’abord appris la mandoline auprès de son père, avant de se mettre à la guitare, comme tout le monde «  mais ça ne ma convenait pas du tout. C’est un instrument qu’on gratte, bien plus qu’on ne le fait sonner, et si cet instrument s’est largement imposé, rares sont les guitaristes qui charment vraiment le public. La cetera, en revanche, à une sonorité qui séduit d’emblée ».

Au début des années soixante-dix, Mathieu fait son « retour à la terre » et revient en Corse. Tisserand, il participe à l’expérience de la Corsicada. Et c’est à Pigna qu’il entend pour la première fois la cetera. Coup de foudre. Il fait l’acquisition d’un premier instrument à huit cœurs (seize cordes) sorti de l’atelier du luthier Ugo Casalonga, puis opte pour une cetera à quatre cœurs.

« Ce qu’il y a de gratifiant avec le cetera, c’est qu’on en tire rapidement des sonorités harmonieuses ».

La relation à l’instrument est capitale. «  Si quelqu’un sort de mon atelier sans savoir jouer de la cetera, mais s’oriente vers un autre instrument, non pas parce que je l’ai dégoûté de celui-là, mais parce qu’il a trouvé celui qui lui convenait le mieux, j’ai gagné ». Et, prévient-il, le terme de « musique traditionnelle » ne veut rien dire pour lui : « ce qui est traditionnel, c’est justement ce rapport avec l’instrument, c’est l’état d’esprit, une culture qui fait qu’on entend un timbre, on le reconnaît, on l’accepte, on se l’approprie. Et si je joue de la cetera, c’est parce que je l’ai entendue un  jour ici, parce qu’elle y a trouvé sa place et que tout un travaille a été mené à Pigna pour cela ».

Marie-Claire

Pignaise, ne vous déplaise

« Je n’ai jamais regretté mon choix ». Marie-Claire Darnéal a découvert la Corse il y a plus de vingt ans, à l’occasion de vacances passées chez une amie originaire de Corse. Pour cette native de la Bourgogne, issue d’une famille d’origine paysanne, et « montée » à Paris pour étudier l’ethno, le déclic est tout autant dû à la rencontre de celui qui est aujourd’hui son compagnon qu’à la sensation de renouer avec la campagne. La décision est vite prise, elle plaque la capitale et son boulot au standard SVP qui l’aidait à financer ses études.

Les débuts de sa nouvelle existence ne vont pas sans quelques surprises, quelques heurts. La militantes de gauche, féministes sans être une passionnaria, habituée à travailler avec des hommes, à avoir des « potes », découvre une autre réalité. « Je me suis retrouvée dans un gynécée. Non que je n’apprécie pas la compagnie des femmes, mais c’était tellement différent de ce que j’avais vécu. Ici on est la fille, la sœur ou la femme de… et il est très difficile d’avoir des rapport de pote avec un homme. On m’appelait MLF au début ! En plus je n’étais pas d’ici ».

Elle évoque les effarements ces premiers temps, la découvertes d’une culture et d’une identité dont elle comprend la nécessité de les défendre, sans pour pouvoir se résoudre à admettre qu’il faille pour autant les affirmer dans le rejet de la différence. Mais il y a tout ce qui a su l’attacher, la retenir ici, cette « volonté forte » d’exister, d’aller de l’avant, la synergie des compétences. « Lorsqu’on veut se former, dans le domaine musical ou artisanal, on trouve sur place la réponse adéquate, qu’il s’agisse du travail du bois, de la peinture ou de la musique ».

C’est ainsi qu’elle en est venue à réaliser des boites à musique. Elle évoque aussi le « vraies réalités humaines » : « à Paris, j’avais des copains avec lesquels je partageais des idées. Ici, même si on n’est pas tous amis, on apprend à composer les uns avec les autres, on partage du pain. C’est parfois pesant de toujours vivre sous le regard des autres – c’est la contraintes sociale de la Corse, à l’inverse, celle des grandes villes, c’est l’indifférence. L’avantage de Pigna ? La possibilité de passer une journée chez soi sans voir personne, ou d’aller boire, sans même prévenir, un café chez quelqu’un qu’on aime bien ».

Aujourd’hui, Marie dit être « devenue Pignaise, à cause de tout ce que s’y fait. Et, si je veux bien faire la critique du village, je ne laisserais personne le critiquer. C’est une réaction qui m’épate, d’ailleurs… »

 

En savoir plus : 

Présentation générale de Pigna de Balagne

Programmes et renseignement


Inscription à la NewsLetter

Tissons nos liens...

 
FORUM

Tous les autres sujets...

 
 
NEWSLETTER

Votre mail :   

Vos intérêts :  Concerts & soirées  magazine   photos

Vos commentaires

    

Galeries Photos


Tokyo


Albanie


Ala Kachuu


Bosnie

 

 
 

copyright© 1997 - 2006 - @xé libre / Open Yür Mind (association loi 1901)
Rédaction : 21 avenue Secrétan - 75019 PARIS